Sénégal/Un appel fraternel à Diomaye Faye et Ousmane Sonko pour la stabilité du pays
Par Djédri N’goran*
Alors que le Sénégal traverse une période charnière de son histoire, un appel solennel et fraternel vient d’être lancé par un cadre du Pdci-Rda aux deux figures emblématiques de la scène politique sénégalaise, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, Président de la République, et Monsieur Ousmane Sonko, leader du parti Pastef et acteur clé de la mouvance au pouvoir.
En ma qualité de Vice-Président du Pdci-Rda, Parti fidèle à la pensée et à l’action Pacificatrice du Président Félix Houphouët-Boigny, je ne peux rester indifférent face à la situation que traverse le Sénégal, pays frère et modèle historique de démocratie en Afrique de l’Ouest.
Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, a lui-même fréquenté dans sa jeunesse l’École normale William Ponty à Gorée, près de Dakar, au cours des années 1920, où il a reçu une formation d’élite qui a forgé nombre de leaders africains de la génération de l’indépendance. Il a par la suite entretenu des liens Étatiques et Diplomatiques étroits avec le Président Léopold Sédar Senghor, bâtissant ensemble les bases d’une coopération fraternelle entre nos deux nations. Ces liens historiques se perpétuent encore aujourd’hui : Abdou Diouf, ancien Président du Sénégal, a été désigné par le Président Félix Houphouët-Boigny lui-même comme Parrain du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, distinction internationale décernée par l’Unesco qui récompense les efforts exceptionnels en faveur du dialogue, de la réconciliation et de la stabilité sur le continent et dans le monde.

Au-delà des questions de personnalités, c’est la gestion économique qui appelle aujourd’hui une attention particulière. La situation budgétaire et le niveau de la dette publique, hérités par les nouvelles autorités, sont particulièrement préoccupants. La responsabilité qui incombe au Premier Ministre Ousmane Sonko de trouver des solutions avec les créanciers et de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer la continuité de l’État reste un enjeu majeur. Le Chef de l’État, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, se trouve, quant à lui, dans l’obligation politique et technique d’assurer la stabilité des institutions.
Nous avons connu, en Côte d’Ivoire, une crise similaire au cours des années 1980 et du début des années 90, marquée par de graves tensions au sommet de l’État qui avaient aggravé une situation financière et économique déjà fragile. Les conséquences en avaient été lourdes pour le peuple ivoirien et pour l’économie nationale. C’était d’ailleurs l’une des causes principales de la dévaluation du Franc CFA en 1994.
C’est pourquoi nous appelons, avec humilité et fraternité, les deux hautes personnalités à qui le destin du Sénégal est confié à s’asseoir, dans un esprit de Responsabilité et de Sagesse, pour privilégier l’Intérêt Supérieur de la Nation et du grand peuple sénégalais. Comme le disait si justement le Président Félix Houphouët-Boigny, « dans la recherche de la paix, de la vraie paix, de la paix juste et durable, on ne doit pas hésiter un seul instant à recourir, avec obstination, au dialogue. »
Au nom des liens étroits qui ont uni Félix Houphouët-Boigny à la terre du Sénégal, il est plus qu’urgent et nécessaire de s’impliquer dans la recherche de solutions pacifiques. La Côte d’Ivoire et le Sénégal sont des pays frères, unis par des communautés importantes de chaque côté de la frontière, partageant une histoire commune dans la promotion de la démocratie sous l’ère des présidents successifs à la tête de nos deux États.
Nous lançons un appel solennel au peuple souverain du Sénégal, si attaché à sa légendaire fraternité, à accompagner le Président Bassirou Diomaye Faye et son frère, le Premier Ministre Ousmane Sonko dans un élan de solidarité nationale, de communion et de cohésion. Que chaque citoyen évite toute attitude pouvant faire reculer la démocratie. Le Sénégal a longtemps été un exemple phare de stabilité démocratique dans l’espace Cédéao et un modèle inspirant pour la jeunesse africaine tout entière.
Nous invitons également la classe politique sénégalaise à soutenir sans réserve les autorités dans l’accomplissement des missions régaliennes et dans la quête du bien-être des populations. Pour la sécurité de toute la sous-région, le calme et la stabilité au Sénégal bénéficient à tous. Le Sénégal, l’un des piliers de l’Uémoa, nation reconnue pour sa stabilité démocratique et son engagement dans la résolution des crises sur le continent, ne peut se permettre de voir perdurer une crise interne qui risque d’affecter ses populations, la sous-région et ses partenaires multilatéraux, notamment sur la question de la dette et des mécanismes de remboursement avec le FMI.
Nous prônons le dialogue franc et fraternel entre les dirigeants, la recherche de la cohésion nationale et le retour rapide à une entente au sommet de l’État. Que les guides religieux, les notables, les sages et les chefs d’État de la sous-région, dans leur sagesse, accompagnent ce processus de médiation si nécessaire.
La culture de paix et du dialogue, qui a toujours caractérisé le Pdci-Rda, nous invite à tendre la main à nos frères sénégalais. L’union et la stabilité du Sénégal profitent à toute l’Afrique de l’Ouest. Que la raison l’emporte sur les passions, et que l’intérêt du Peuple et de la Nation guide les décisions. C’est là tout le sens de ce soutien affiché à l’effort de dialogue voulu pour le Sénégal.
Que Dieu bénisse le Sénégal et protège le peuple frère.
*Vice-Président du Pdci-Rda,